Quelques témoignages

Témoignages de familles ouvertes

Chaque année, environ 2700 jeunes sont placés en famille d’accueil. Une bonne alternative au placement en institution. Mais les familles candidates manquent.

Un dossier du “SWARADO” d’Anne-Cécile Huwart en collaboration avec l’AFU, des familles et des jeunes aidés par l’AFU

Parce que la famille est en conflit, parce que l’enfant est maltraité, parce qu’un parent est malade, parce qu’il n’y a pas de parent… Il arrive qu’un jeune doive être placé, à court terme ou pour une durée plus longue. En institution, où il séjourne avec d’autres enfants ou adolescents qui comme lui connaissent des difficultés familiales. Ou en famille d’accueil. Comme la famille Jacques (nom d’emprunt).

Les Jacques accueillent des jeunes en urgence depuis 15 ans. Pour une durée de 45 jours maximum, le temps que le service Accueil familial d’urgence leur trouve une solution à plus long terme : le retour dans la famille d’origine, un placement en institution ou dans une autre famille d’accueil…

Les Jacques ont déjà quatre filles de 11 à 19 ans. Quatre ados avec chacune leur caractère, leurs besoins, leurs envies. En général, le service s’arrange pour nous envoyer des filles du même âge que les nôtres…, poursuit Yves, le papa. Et si un garçon débarque, il doit savoir où il met les pieds !, ajoute Isabelle. Les filles ont dû apprendre à partager leurs jouets, leurs vêtements, leur chambre et… la salle de bain avec ces invités particuliers ! On n’a jamais eu de gros problèmes, note Isabelle. Et, lorsqu’il y en a, on est épaulé par le service.

La famille pense avoir un rôle de « courroie de transmission ». Notre mission est temporaire, nous sommes là en dépannage. Nous écoutons le jeune quand il veut discuter. Mais nous ne sommes pas ses parents et nous n’essayons pas de prendre parti dans un éventuel conflit familial.

Pour Isabelle, la présence d’un jeune en difficulté apporte beaucoup à sa famille. Ça nous fait réfléchir sur nos habitudes, lorsqu’il faut les expliquer, par exemple, note Isabelle. On découvre d’autres mentalités, d’autres milieux. Yves ajoute. Et puisque nous n’avons pas de problèmes pour l’instant, autant tenter d’aider ceux qui en ont.

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En 2004, 2700 jeunes ont été confiés à une famille d’accueil. C’est le Service d’aide à la jeunesse (SAJ) de la Communauté française qui prend cette mesure de placement.
Dans environ deux tiers des cas, le mineur arrive chez un proche (une tante, un ami, un voisin). Il arrive aussi qu’il débarque dans une famille qu’il ne connaît pas. Mais qui s’est spontanément proposée pour recevoir des jeunes en difficulté.

Bien souvent, une famille d’accueil est préférable au placement en institution, commente-t-on au cabinet de la ministre de l’Enfance et de l’Aide à la jeunesse. Même si les éducateurs font bien leur travail, rien ne remplace le contact familial…

Malheureusement, trop peu de familles sont volontaires pour accueillir un enfant ou un jeune en difficulté. Par manque d’information ou par crainte de ne pas être capable de gérer la situation. Pourtant nous prenons tout en charge, explique Christian Pringels, directeur du service Accueil Familial d’Urgence, à Wavre. Nous suivons le jeune au niveau psychologique et social, nous gérons les contacts avec les parents d’origine… Nous demandons juste à la famille d’accueil d’être présente pour le jeune. De lui permettre de vivre une vie normale, sans se substituer à la famille d’origine.

Votre famille est candidate à l’accueil ? Voici quelques adresses :

Accueil familial d’urgence, Rue du Cheval Godet, 34 1400 Nivelles. Tél : 067/877.107 Site : www.afu.be.

Fédération des services de placement familial, rue de la Source, 65 à 1060 Bruxelles. Tél. : 02/537.81.55. Site : www.plaf.be

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